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Le complexe de la mère parfaite

Ce rêve d'être une mère parfaite. Ces jeunes mamans qui se culpabilisent d'être imparfaites, de ne pas tout réussir comme elles le voudraient. Cette peur de ne pas être une bonne mère.

Dans cet article un peu particulier, j’avais envie d’aborder le complexe de la mère parfaite. Comme beaucoup de futures mamans, je pense, je me suis posée la question « Serais-je une bonne mère ? En suis-je capable ?« . Jeune ou moins jeune, on est toute confrontée à cette peur… celle de ne pas être à la hauteur en tant que maman.

Notre entourage, ces personnes qui semblent tout savoir, ces mamans qui réussissent partout, notre société… tout cela nous inflige beaucoup trop de pression. Comment ne pas douter de nos capacités ? Et comment ne pas chercher à être toujours meilleure ?

Personnellement, j’ai beaucoup douté de moi dans mes débuts en maternité. Je n’avais jamais douté autant de mes capacités maternelles qu’en devenant maman. Tout était remis en cause… J’entendais une centaine de conseils différents de la part de tous, j’avais l’impression que l’aide que l’on voulait m’apporter était souvent beaucoup trop intrusive. Oui, je ne trouvais pas ma place. « Met lui un gilet, il a froid« , « Donne lui une sucette« , « Ne lui donne pas de doudou« , « Je suis sûre qu’il a soif là« , « Mais non tu lui donnes trop à manger, attends encore« , « Mais si, il a faim, donne lui maintenant« . Ces conseils qui partent d’un bon sentiment mais qui te font vraiment douter de toi. L’impression de ne rien savoir parce que tu es plus jeune, parce que c’est ton premier. Et quand tu crois savoir ce qui est bon pour ton enfant, parce qu’après tout tu as l’instinct d’une mère et un minimum de bon sens, tu te heurtes à celles qui ont été mamans avant toi et qui donc savent forcément mieux que toi.

Les débuts dans la maternité ne sont pas simple, il faut souvent se remettre de l’accouchement et de la chute des hormones. On est à fleur de peau, stressées, un peu perdues et ces conseils qui fusent de toute part n’aident en rien. L’une dit blanc, l’autre dit noir, le médecin dit vert et le pédiatre dit rouge. On ne sait plus qui écouter, on oublie surtout de s’écouter soi.

Et puis en plus des conseils viennent les jugements. Les paroles blessantes et non réfléchies. « Quoi, tu n’allaites pas ? Tu ne veux pas le meilleur pour ton enfant ? Il sera malade à cause de toi…« , j’ai même eu le droit au « Tu ne mérites pas d’être mère si tu es égoïste au point de ne pas vouloir l’allaiter.« . Et je pense aussi à celles qui ont le droit au « Quoi ? Tu allaites encore ? Tu te sens pas comme une vache ? Tu vas le faire encore longtemps ?« . Oui parce que dans les jugements il y a toujours deux clans bien distincts, et ça avant d’être maman je ne le savais pas. Les allaitantes et les biberonneuses, les bienveillantes et celles qui suivent l’éducation traditionnelle, les bio et celles qui aiment Mustela, etc. etc.

Je caricature à peine. J’avais souvent l’impression de me retrouver au milieu d’une petite guerre entre mamans ceci et maman cela. Quand tu es bienveillante tu es je m’en foutiste, quand tu punis ton enfant tu es violente, quand tu es une maman nature tu es une hippie illuminée et quand tu choisis de suivre le mouvement et d’utiliser des produits du commerce tu es une maman qui ne se soucie pas du bien être de ton enfant. En fait il y aura toujours quelqu’un pour juger le moindre de tes faits et gestes, parce que quand tu es maman tu te dois d’être parfaite en tout point.

Tu as décidé d’avoir un enfant, tout repose sur toi, chacune de tes décisions à des conséquences. Rien que ça… alors si en plus on te reprend au moindre de tes gestes…

Un jour j’en ai eu assez de me sentir jugée, surveillée, rabaissée dans mon rôle de mère. J’ai compris que quoi que je fasse je ne serais pas parfaite, pas envers mon fils mais pour les autres. Quoique je fasse, je serais toujours la petite jeunette qui a décidé d’avoir un bébé, de qui c’est le premier, qui fera donc plein d’erreurs. Et oui des erreurs j’en ai sûrement fait et j’en ferais encore des tas, comme toutes les mamans avant moi, parce qu’une mère parfaite ça n’existe pas. Mais des mères qui ont fait de leur mieux, il y en a des tas. Je crois que l’on fait comme on peut avec les moyens que l’on a. Les moyens physiques, financiers, moraux,…

Alors j’ai arrêté d’écouter, et surtout de comparer. J’ai suivi mon coeur. Non je ne donne pas de mauvaises habitudes en laissant mon bébé dormir avec moi, j’apaise ses nuits parce qu’il en a besoin. Non je ne suis pas laxiste envers lui, j’essaie d’avoir une éducation consciente et de lui donner des limites raisonnées. Non je ne suis pas une mauvaise mère parce que je ne l’ai pas allaité, j’ai tenté de lui donner le biberon avec tout l’amour possible parce que je ne me sentais pas de lui donner le sein avec douleur et rejet. Des exemples j’en ai des milliers, j’ai l’impression d’avoir sans cesse à me justifier sur mes choix depuis sa naissance. Pourquoi ne peut-on pas accepter que l’on fasse différemment ? Parce qu’au fond, même si je fais comme elle ou lui, je ferais toujours différemment de quelqu’un non ? Et bien ce quelqu’un, c’est toi pour cette fois. Ce sera quelqu’un d’autre pour autre chose… !

Tu feras toujours bien pour quelqu’un et mal pour un autre. Et il y aura toujours une personne pour te juger, quoique tu fasses. Alors dis toi seulement, toi jeune maman perdue qui lis mon article, que tu ne seras jamais une mère parfaite parce que c’est impossible… mais que parce que tu voudrais l’être, parce que tu fais au mieux et parce que tu te demandes si tu peux le devenir… tu es juste une mère formidable. Peu importe ce que tu choisis de faire pour ton enfant, le simple fait de vouloir pour lui le meilleur fait de toi une merveilleuse maman.

Les mamans devraient nous laisser être pleinement des mamans à notre tour. 

13 réflexions au sujet de « Le complexe de la mère parfaite »

  1. Ah ah, je peux te dire qu’avec des jumeaux, des commentaires/remarques/conseils j’en ai vu passer…
    Ta phrase « J’ai compris que quoi que je fasse je ne serais pas parfaite » est tout à fait juste, et j’ai ce même avis quant au fait de se sentir heureux en général : tant qu’on se base sur les autres, on ne le sera jamais :/
    Ce qui est important c’est d’en avoir conscience et de faire au mieux selon ce que tu penses, en espérant que tu trouves ton équilibre et que ta petite famille soit heureuse comme ça ! 🙂

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  2. Merci, merci, merci, pour cet article bienveillant!
    J’ai eu le droit à « Quoi?! Tu n’allaites pas? C’est dommage, c’est ce qu’il y a de mieux quand même… ». A cette réflexion (parmi tant d’autres), j’ai fait la même réponse que vous : « j’ai tenté de lui donner le biberon avec tout l’amour possible parce que je ne me sentais pas de lui donner le sein avec douleur et rejet. »
    Alors oui, jeunes mamans, n’essayons pas d’être parfaites, simplement aimantes et bienveillantes.

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    1. Les gens ne se rendent tellement pas compte de leurs paroles culpabilisantes… Avec du recul je sais que la plupart exprimaient seulement leurs pensés sans réfléchir ou essayez de prodiguer des conseils qu’ils pensaient bons. Mais c’est vraiment culpabilisant pour une maman qui décide de faire différemment et c’est difficile de trouver ses marques quand on entend des tas des conseils différents… Tu as tellement raison, être aimante et bienveillante c’est la base pour moi. Encore aujourd’hui je me retrouve confrontée à des remarques parce que j’ai choisi d’élever mon fils dans la bienveillance, mais ça c’est un autre sujet d’article et l’essentiel pour moi c’est juste LUI et le voir s’épanouir. 🙂

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  3. Les gens se mêlent de la vie des autres pourquoi au final ? Pour se prouver que leur vie est meilleure que la nôtre ? Tu es un super Maman pour TON bébé et c’est le principal. Les autres on s’en fiche même si souvent c’est pas facile de faire face à ces réflexions…

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  4. C’est effectivement un très bel article qui résume bien les sentiments par lesquels passent toutes les mamans. J’ai pour ma part reçu au début de ma grossesse le seul conseil que j’ai choisi d’écouter (et je crois que j’ai bien fait) : un couple d’amis parents nous ont dit « Surtout, ne vous prenez pas trop la tête, ce que vous pensez être bien pour votre bébé, C’EST ce qui sera bien pour votre bébé ». Je me rappelle ces paroles à chaque fois que j’ai des doutes et c’est ce qui m’aide à prendre mes propres décisions.
    En attendant, comme le dit Marion, le petit Panda a l’air très heureux donc pas de doutes à avoir 😉

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  5. tu as tellement raison ! et si tous ces conseils n’étaient en fait que des reflets des déceptions de ces mères, consciemment ou non ? elles aussi ont fait des erreurs, ça serait tellement injuste pour elle que tu n’en fasses pas…

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    1. Oui, je suis d’accord avec ta théorie ! Je crois que c’est ça. 🙂 Mais je trouve ça triste, j’espère vraiment ne pas être ainsi plus tard… Tellement culpabilisant pour une jeune maman.

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  6. En te lisant, je me dis que nous passons toutes par ces étapes avant d’avoir assez confiance en nous-mêmes et nous accomplir en tant que mamans. J’ai fait les mêmes expériences, le fait d’avoir trop écouté les gens, les donneuses de leçon et les pseudo-super mamans, le fait aussi d’avoir trop lu ce qui est écrit sur les nombreux sites pour mamans. Mais en avançant, je me suis rendu compte que ma meilleure conseillère est moi-même, et celle qui connait le plus mes enfants, leurs aspirations, les choses qu’ils aiment ou n’aiment pas, c’est moi.

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    1. Tu as complètement raison. En tant que maman je crois que l’on sait mieux que personne ce dont nos enfants ont besoin… C’est nous qui vivons au quotidien avec eux, qui les avons fait, qui les élevons… et on sait bien que chaque enfant est différent. 🙂 Les enfants que nous avons été, les enfants qu’ils ont été, les enfants qu’ils ont eu, ne sont pas NOS enfants.

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  7. Vraiment un très jolie article. Pleins de vérité. Parce qu’après tout ce qui compte c’est Lamour que l’on transmet à son enfant, qui porte le moyen et la manière ….
    Jai énormément ressenti ce sentiment de vouloir être parfaite pour ma première. Il a totalement disparue à l’arrivée de ma seconde. Car avec un second on affirme ces choix davantage. On a déjà l’expérience de la 1ère. On sais d’avance ce qui a fonctionné.
    Puis je me suis fait confiance. Je me pose svt la question à moi meme « est ce que t’es filles sont heureuse  » oui ! Sans hésité.
    Puis hé ho ! Ils sont parfait nos enfants peut être ??? Pas d’enfants parfaits-pas de mères parfaites ! Et toc
    Je t’embrasse super mega chouette maman ! Ton panda est heureux et épanouie ! Et ca se voit <3<3

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