Vie de maman

Separation des parents, et l’enfant ?

Une feuille d'automne perlée de gouttes de pluie, photographier la nature.

Separation

Avec une année de recul, je décide enfin d’écrire cet article qui me tient à cœur et qui, je l’espère, aidera des parents dans la même situation. Une rupture amoureuse n’est jamais simple, mais elle devient beaucoup plus compliqué quand un ou des enfants sont présents. Si je pensais ma situation insurmontable, je me suis vite aperçue que le bonheur n’est jamais loin et qu’il ne tenait qu’à moi de le saisir.

Je n’entrerais pas dans les détails de ma separation (lien cliquable de l’article dans lequel je l’avais déjà évoquée), mais comme pour la plupart des personnes qui le vivent je suis passée par des étapes difficiles. Après 6 ans de vie commune, un enfant, des fiançailles et un projet de construction j’avais l’impression que le monde s’écroulait autour de moi. Des trahisons et des mensonges sans cesse pardonnés, plus aucun partage, je me suis battue pour notre famille mais j’ai fini par comprendre que cela ne servait plus à rien. Au delà des fautes commises, nous n’étions plus sur la même longueur d’ondes. Sans enfant la décision aurait été simple à prendre, mais je savais qu’une rupture ferait souffrir notre fils et cela me torturait.

Penser à soi

J’ai longtemps pensé que mettre fin à cette histoire et à notre vie de famille ferait de moi une mère égoïste, mais c’est faux. Après une ultime faute, beaucoup de larmes versées, des cris, de la colère, je me suis rendue compte que je faisais beaucoup plus souffrir mon enfant en me laissant être malheureuse. Nous n’étions plus épanouis dans notre couple, je déprimais beaucoup et mon fils avait forcément conscience de ce changement et de nos disputes. Il souffrirait de cette fin, mais encore plus de nous voir nous déchirer.

J’ai aussi compris que je devais penser à moi. Cela fait des années que je m’investissais beaucoup pour mon couple, puis pour ma famille et que je m’oubliais totalement. J’avais le droit de prendre cette décision et je ne pouvais pas me sacrifier éternellement au risque de tout regretter un jour. Je ne voulais pas non plus imposer ce modèle parentale à mon fils, celui de parents qui ne se respectent pas et de la contrainte de rester ensemble quand on finit par se haïr. Comment j’imaginais notre relation dans 5 ans, dans 10 ans ? Et qu’est-ce que je voulais apprendre à mon enfant ? Le respect de soi et des autres ou le sacrifice ?

Bien sûr la décision n’était pas simple pour autant, il y a eu beaucoup de doutes et de remises en question. Je pensais ne plus pouvoir me relever de cette histoire, j’avais très peur de me retrouver seule du jour au lendemain et de tout perdre. J’étais angoissée par l’idée d’une garde partagée et de ne plus voir mon fils autant que je le voudrais. Je me suis rendue compte que j’avais plus de force que je ne le pensais et que je gérais déjà tout presque comme une mère célibataire. Autre point délicat, la famille et le regard des autres. C’était un échec dont je n’avais pas envie de parler, je ne voulais pas me sentir juger et voir des personnes de mon entourage s’en mêler ce qui allait forcément arriver. Il a fallu faire bloc, expliquer que c’était ma décision et qu’elle avait été mûrement réfléchie.

Parler à son enfant

Je savais que ce serait difficile pour mon fils, peu importe la façon dont cela se passerait, la seule façon de l’aider à traverser cette étape était d’en parler avec lui. Bien sûr je ne lui donnais pas les détails de la situation et il ne fallait surtout pas dénigrer son papa ou montrer ma colère. Je lui ai expliqué que l’on ne s’aimait plus d’amour, mais que l’amour que l’on ressentait pour lui était différent et ne s’éteindrait jamais. Avec les bons mots. Je me suis appuyée sur un livre (« A bientôt papa ! » de Brigitte Weninger et Christian Maucler), comme support et je lui ai dit qu’il avait le droit d’être triste et qu’il pouvait m’en parler quand il en avait envie.

Les premiers mois ont été durs, il avait une grosse colère qu’il ne parvenait pas à exprimer autrement qu’avec des crises à l’école et chez sa nounou. Parfois de petites violences. Nous en avons énormément parlé, des temps on été mis en place avec le papa, nous avons convenu d’une garde alternée. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre pour une organisation plus facile et pour que notre fils puisse profiter équitablement de chacun de nous.

Le plus important pour moi a été de ne pas changer ses repères. Je n’ai pas été plus « douce » avec lui, je ne l’ai pas couvert de cadeaux pour me déculpabiliser et j’ai tenu à garder le même cadre éducatif. Il était réprimandé si nécessaire et je ne cédais pas, même s’il me disait « je suis triste quand papa n’est pas là » car j’ai remarqué qu’il avait compris que cela me touchait et qu’il pouvait en « jouer ». J’ai moi-même beaucoup pleuré, j’avais parfois l’impression d’être trop dure avec lui, mais je me suis vite aperçue que ce cadre le rassurait. Il avait toujours sa chambre, ses jouets et sa maman ne changeait pas de comportement envers lui.

Petit à petit tout a pris sa place, les problèmes de l’école ont disparu et je l’ai senti beaucoup plus serein. Il sait qu’il y a un temps avec son papa, un autre avec sa maman et qu’il a toujours autant d’amour mais de façon différente. L’ambiance est plus calme et saine. Le fait de me sentir revivre, plus heureuse et enfin en accord avec moi-même a bien sûr contribué à son propre épanouissement.

Une page qui se tourne

Je crois avoir véritablement trouvé ma place de mère depuis cette rupture. Autrefois je ne parvenais pas à me définir. Je n’étais plus une femme, j’étais juste multi-tâche. Utile. Je devais tout gérer sans reconnaissance, sans l’attention dont j’avais besoin et je me demandais sans cesse si j’étais vraiment une bonne mère. J’ai appris à m’aimer, à trouver ma place seule, mais j’ai aussi pris conscience de mon état de « femme » avant tout. J’ai pensé à moi, appris à être heureuse pour moi et ne plus vivre qu’à travers l’autre.

Je pensais ne plus être capable de faire confiance, ne plus jamais être aimée. Pourtant j’ai refais ma vie et j’ai rencontré une personne formidable, qui me correspond et me complète parfaitement. Quand j’ai décidé de tourner la page de mon histoire, je me suis dit que le prochain chapitre ne pouvait être que plus beau et que la vie continue. Le bonheur ne tient qu’à nous.

 

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