Pourquoi faire le choix d’une éducation bienveillante et de parentalité positive ?

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Une éducation bienveillante, c’est quoi ?

Commençons par comprendre ce qu’est l’éducation bienveillante et ce qu’elle implique selon moi.

On confond souvent cela avec du laxisme, pourtant l’enfant n’est pas livré à lui-même et on ne lui autorise pas tout. Plutôt que de parler de règles et d’interdits, j’aime penser que c’est une façon d’élever l’enfant vers ce qu’il y a de bien et l’éloigner des mauvais choix. C’est une autre façon d’appréhender la parentalité, dans le respect de l’enfant mais aussi de soi…

Cela passe par la communication non violente et par le fait d’éviter certaines punitions humiliantes et bien sûr le châtiment corporel (que ce soit la gifle ou la simple tape). Plutôt que de punir on propose de réparer et on explique. C’est aussi simple que cela ! Quelques points essentiels et exemple concrets :

  1. Distinguer l’enfant de ses actes. Dites à un enfant qu’il est un vrai petit démon et il en sera persuadé, pour lui c’est ainsi qu’il faudra agir. Ce n’est pas un vilain, c’est son acte qui est vilain. De même répéter constamment à un enfant qu’il est trop timide, trop dissipé, trop bête, ne l’aidera pas à se surpasser et à agir différemment mais le confortera dans cette image qu’il aura alors de lui. Et non, votre enfant n’est pas « moche » parce qu’il pleure !
  2. Utiliser des formulations positives. Plus facile à dire qu’à faire, mais il est important d’oublier le « ne fais pas ça« . Plutôt que de dire à un enfant « arrête de courir » on lui demandera « marche plus doucement« . Les plus petits ne comprennent pas la négation, c’est comme vous demander de ne pas penser à une girafe… qu’est-ce que vous venez alors de faire ? Ils voient alors l’interdit comme une affirmation, tout ce qu’ils retiennent de « ne touche pas » c’est « touche« . Mieux vaut alors établir des règles plutôt que des limites : « joue avec tes voitures » plutôt que « ne touche pas la télé« . De même qu’on ne dira pas « arrête tu vas tomber et te faire mal » mais plutôt « j’ai peur que tu tombes« .
  3. Reconnaître ses émotions. Un enfant à le droit d’avoir mal, d’être frustré ou en colère et même de pleurer. Quand il se fait mal, pourquoi lui dire « Tu n’as pas mal, c’est rien, c’est fini » ? Lui dire « Tu as mal » ne va pas faire de lui une « chochotte » comme on a l’habitude de l’entendre, mais nier sa douleur peut entraîner un manque de confiance. Un enfant ne peut pas gérer ses émotions et ses frustrations comme un adulte, il n’a pas la capacité de réfléchir aux faits et d’anticiper les réactions des autres… Nous mêmes ne sommes pas toujours capables de bien gérer nos émotions, nous ne pouvons pas demander à des enfants dont le cerveau n’a pas atteint sa maturité de le faire ! Nous pouvons par contre accompagner la colère ou la tristesse, mais surtout la reconnaître : « Tu es frustré parce que tu n’arrives pas à fermer ta veste. Je comprends. Je vais t’aider. » ou « Tu es en colère. Et si on essayait de taper sur un coussin pour faire sortir cette colère ?« .

Ce sont pour moi les trois grands principes, les fondamentaux, de cette éducation. On imagine pas l’impact que peuvent avoir les mots, notre façon de communiquer, mais aussi nos gestes sur l’avenir de nos enfants. Il n’y a rien de bien sorcier dans l’éducation positive et rien d’exceptionnel, il s’agit seulement d’agir en reconnaissant l’enfant comme un être à part entière.

On se fixe trop de limites et souvent nos règles servent principalement à notre confort et n’ont pas vraiment de visée éducative. Il faut le reconnaître ! Un enfant qui saute dans les flaques d’eau, oui ça mouille, mais quel plaisir c’est pour lui et quelle découverte ! Un bébé qui apprend à manger seul, c’est salissant mais c’est tellement important de le laisser jouer avec la nourriture… Les enfants ont le droit de se salir, de crier, de jouer, de vivre leur vie d’enfant ! Ce n’est pas toujours faisable et pas toujours pratique, mais il faut apprendre à lâcher prise.

Une citation sur la bienveillance que je trouve véridique : « Paradoxalement c’est quand un enfant est calme qu’il faut lui apprendre à être calme… Après tout, les hôtesses de l’air nous indiquent comment gonfler les gilets de sauvetage avant de décoller et pas pendant les turbulences« , de Guillemette Faure.

Ce n’est pas toujours facile à mettre en place et parfois on ne trouve pas tout de suite la solution pour affronter un problème ou une « bêtise« . Il faut se souvenir que c’est avec les bêtises que l’on apprend, justement… Un enfant ne pas pas être parfait, sage et calme en tout temps. Cela fait partie de son apprentissage ! Ce n’est pas parce que vous ne corrigez pas ou ne dressez pas vos enfants qu’ils deviendront de vrais tyrans ou des enfants rois, si vous les éduquez avec respect ils seront respectueux. Nous sommes des miroirs et ils prennent exemple sur nous… Si nous sommes polis, ils le seront. Si nous frappons, ils frapperont. On ne peut pas taper un enfant qui vient de taper, pour lui apprendre à ne pas taper. Vous me suivez ? C’est tellement paradoxale ! On peut par contre lui apprendre à caresser, à exprimer son émotion autrement et surtout on peut chercher à comprendre pourquoi il a eu ce geste.

La preuve que la fessée n’est pas une manière de faire comprendre à un enfant qu’il agit mal c’est qu’il y a DES fessées. Souvent elle est mise sous le coup de la colère, de la fatigue. Mais qu’apprend véritablement l’enfant ? J’entends souvent que « les jeunes d’aujourd’hui sont mal élevés » et qu’il faudrait revenir à la bonne vieille éducation. Mais de tout temps il y en a eu, même quand les coups de ceinture étaient naturels ! Les prisons et les foyers ne sont pas constitués d’enfants de parents bienveillants et les victimes de maltraitance ne deviennent pas des enfants sages, épanouis et débordant de confiance en eux.

Le site de Pomme d’Api en parle très bien aussi, je vous renvoie vers l’un de leur article que je trouve très intéressant. Je vous conseille aussi de regarder des vidéos et lire des livres de Filliozat qui explique très bien le sujet et donne beaucoup de conseils utiles !

Mon choix de la bienveillance, pourquoi ?

La bienveillance s’est imposée à moi petit à petit et naturellement, au fil de mes premières expériences en maternité. Autrefois j’avais des principes et des idées toutes faites sur l’éducation, comme beaucoup de parents je pense, mais la réalité a bien sûr été toute autre et j’ai dû m’adapter…

Je me suis surtout rendue compte que mes principes n’étaient pas mes convictions. J’avais l’impression de ne pas être moi, de ne pas trouver ma place de maman en agissant contre ma volonté.

Le plus difficile n’a pas été de faire le choix de l éducation bienveillante mais de supporter les jugements associés à ce dernier. Comment s’écouter quand tous nos faits et gestes sont repris ? Comment se faire confiance quand les idées toutes faites et les préjugés fusent ?

« Tu vas en faire un enfant roi« . « Une fessée ça n’a jamais tué personne ». « Il mériterait peut-être plus de claques« . « Tu vas te faire bouffer par ton gosse« . 

J’avais l’impression qu’on diabolisait mon fils, ma façon d’être maman et notre relation. C’est compliqué de justifier le fait qu’on ne souhaite pas lever la main sur son enfant, que l’on veut trouver les bons mots avec lui et en éviter d’autres. Les personnes en face sont tout de suite renvoyées à leur propre éducation ou à celle qu’elles ont choisi, elles se braquent et n’acceptent pas le fait que l’on puisse faire différemment. Je ne juge absolument pas ceux qui ne sont pas d’accord avec moi et ont fait le choix d’une éducation plus « classique », j’aimerais tellement qu’il en soit de même pour moi…

Mes raisons me sont propres et me correspondent, je ne dis pas que c’est LA bonne solution et que mon enfant sera parfait grâce à ça. L’important est que JE suis plus épanouie dans mon rôle de maman et que j’ai véritablement la sensation d’être sur la bonne voie. Et pour que mon fils soit heureux et confiant, je pense qu’il est important que je le sois aussi.

Je sais que mon enfant m’écoute plus attentivement quand je n’élève pas la voix. Je sais qu’il comprend mieux des explications que des fessées. Je sais qu’il se calme plus vite quand je le serre dans mes bras plutôt que quand je lui demande d’arrêter de pleurer. Je sais que reconnaître ses émotions est important pour lui et qu’il devient à son tour bienveillant avec les miennes.

Bien sûr je ne suis pas une maman parfaite. Je crie encore beaucoup trop, il m’arrive d’employer des expressions que je regrette ensuite, je suis injuste aussi parfois… Parce que la fatigue est trop importante, parce que je suis moi-même débordée par mes émotions. Mais quand cela arrive je lui demande pardon, je lui montre que je ne suis pas infaillible moi non plus et que tout le monde peut faire des erreurs. Et je me pardonne aussi, parce qu’aucune mère n’est parfaite mais que toutes font de leur mieux.

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