Le complexe de la mère parfaite !

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Dans cet article un peu particulier, j’avais envie d’aborder le complexe de la mère parfaite. Comme beaucoup de futures mamans, je pense, je me suis posée la question « Serais-je une bonne mère ? En suis-je capable ?« . Jeune ou moins jeune, on est toute confrontée à cette peur… celle de ne pas être à la hauteur en tant que maman.

Notre entourage, ces personnes qui semblent tout savoir, ces mamans qui réussissent partout, notre société… tout cela nous inflige beaucoup trop de pression. Comment ne pas douter de nos capacités ? Et comment ne pas chercher à être toujours meilleure ?

Personnellement, j’ai beaucoup douté de moi dans mes débuts en maternité. Je n’avais jamais douté autant de mes capacités maternelles qu’en devenant maman. Tout était remis en cause… J’entendais une centaine de conseils différents de la part de tous, j’avais l’impression que l’aide que l’on voulait m’apporter était souvent beaucoup trop intrusive. Oui, je ne trouvais pas ma place. « Met lui un gilet, il a froid« , « Donne lui une sucette« , « Ne lui donne pas de doudou« , « Je suis sûre qu’il a soif là« , « Mais non tu lui donnes trop à manger, attends encore« , « Mais si, il a faim, donne lui maintenant« . Ces conseils qui partent d’un bon sentiment mais qui te font vraiment douter de toi. L’impression de ne rien savoir parce que tu es plus jeune, parce que c’est ton premier. Et quand tu crois savoir ce qui est bon pour ton enfant, parce qu’après tout tu as l’instinct d’une mère et un minimum de bon sens, tu te heurtes à celles qui ont été mamans avant toi et qui donc savent forcément mieux que toi.

Les débuts dans la maternité ne sont pas simple, il faut souvent se remettre de l’accouchement et de la chute des hormones. On est à fleur de peau, stressées, un peu perdues et ces conseils qui fusent de toute part n’aident en rien. L’une dit blanc, l’autre dit noir, le médecin dit vert et le pédiatre dit rouge. On ne sait plus qui écouter, on oublie surtout de s’écouter soi.

Et puis en plus des conseils viennent les jugements. Les paroles blessantes et non réfléchies. « Quoi, tu n’allaites pas ? Tu ne veux pas le meilleur pour ton enfant ? Il sera malade à cause de toi…« , j’ai même eu le droit au « Tu ne mérites pas d’être mère si tu es égoïste au point de ne pas vouloir l’allaiter.« . Et je pense aussi à celles qui ont le droit au « Quoi ? Tu allaites encore ? Tu te sens pas comme une vache ? Tu vas le faire encore longtemps ?« . Oui parce que dans les jugements il y a toujours deux clans bien distincts, et ça avant d’être maman je ne le savais pas. Les allaitantes et les biberonneuses, les bienveillantes et celles qui suivent l’éducation traditionnelle, les bio et celles qui aiment Mustela, etc. etc.

Je caricature à peine. J’avais souvent l’impression de me retrouver au milieu d’une petite guerre entre mamans ceci et maman cela. Quand tu es bienveillante tu es je m’en foutiste, quand tu punis ton enfant tu es violente, quand tu es une maman nature tu es une hippie illuminée et quand tu choisis de suivre le mouvement et d’utiliser des produits du commerce tu es une maman qui ne se soucie pas du bien être de ton enfant. En fait il y aura toujours quelqu’un pour juger le moindre de tes faits et gestes, parce que quand tu es maman tu te dois d’être parfaite en tout point.

Tu as décidé d’avoir un enfant, tout repose sur toi, chacune de tes décisions à des conséquences. Rien que ça… alors si en plus on te reprend au moindre de tes gestes…

Un jour j’en ai eu assez de me sentir jugée, surveillée, rabaissée dans mon rôle de mère. J’ai compris que quoi que je fasse je ne serais pas parfaite, pas envers mon fils mais pour les autres. Quoique je fasse, je serais toujours la petite jeunette qui a décidé d’avoir un bébé, de qui c’est le premier, qui fera donc plein d’erreurs. Et oui des erreurs j’en ai sûrement fait et j’en ferais encore des tas, comme toutes les mamans avant moi, parce qu’une mère parfaite ça n’existe pas. Mais des mères qui ont fait de leur mieux, il y en a des tas. Je crois que l’on fait comme on peut avec les moyens que l’on a. Les moyens physiques, financiers, moraux,…

Alors j’ai arrêté d’écouter, et surtout de comparer. J’ai suivi mon coeur. Non je ne donne pas de mauvaises habitudes en laissant mon bébé dormir avec moi, j’apaise ses nuits parce qu’il en a besoin. Non je ne suis pas laxiste envers lui, j’essaie d’avoir une éducation consciente et de lui donner des limites raisonnées. Non je ne suis pas une mauvaise mère parce que je ne l’ai pas allaité, j’ai tenté de lui donner le biberon avec tout l’amour possible parce que je ne me sentais pas de lui donner le sein avec douleur et rejet. Des exemples j’en ai des milliers, j’ai l’impression d’avoir sans cesse à me justifier sur mes choix depuis sa naissance. Pourquoi ne peut-on pas accepter que l’on fasse différemment ? Parce qu’au fond, même si je fais comme elle ou lui, je ferais toujours différemment de quelqu’un non ? Et bien ce quelqu’un, c’est toi pour cette fois. Ce sera quelqu’un d’autre pour autre chose… !

Tu feras toujours bien pour quelqu’un et mal pour un autre. Et il y aura toujours une personne pour te juger, quoique tu fasses. Alors dis toi seulement, toi jeune maman perdue qui lis mon article, que tu ne seras jamais une mère parfaite parce que c’est impossible… mais que parce que tu voudrais l’être, parce que tu fais au mieux et parce que tu te demandes si tu peux le devenir… tu es juste une mère formidable. Peu importe ce que tu choisis de faire pour ton enfant, le simple fait de vouloir pour lui le meilleur fait de toi une merveilleuse maman.

Les mamans devraient nous laisser être pleinement des mamans à notre tour. 

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