Un accouchement difficile, comment ça se passe ?

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Mon récit d’accouchement

 

Cette petite main encore toute fripée, à quelques heures de vie.

Bien avant d’avoir un bébé je dois avouer que je redoutais beaucoup l’accouchement, comme la plupart des femmes je pense. Je me posais milles questions, je savais que c’était douloureux et j’étais pleine de petites appréhensions que l’envie de devenir maman avait pourtant vite dépassé. Durant ma grossesse j’étais toujours assez inquiète à l’idée d’accoucher, j’avais hâte de voir mon bébé mais pas de passer par cette étape et plutôt que de me dire « Pfiou, encore un mois de grossesse… » je pensais « Oh la la, plus qu’un mois ! ». Au moins cela m’aura permis de profiter de chaque moment et de ne pas voir le temps passer, aha. Pourtant je n’étais vraiment pas préparée à ce que j’allais vivre et je crois qu’on ne l’est jamais, que cela se passe bien ou mal, facilement ou avec difficultés. Chaque expérience est unique et j’aimerais le souligner car mon vécu ne sera pas forcément le tien, jeune future maman angoissée en lisant mon article. Et puis le final reste quand même bien beau et bien mérité… !

Comment j’ai su que c’était le bon moment

Je croyais n’avoir jamais ressenti de contractions durant ma grossesse alors que la plupart des femmes enceintes en ressentent, je ne savais donc pas du tout ce qu’était des contractions et je m’inquiétais un peu car j’étais à moins d’une semaine de mon terme et j’avais peur de ne pas savoir quand le moment serait arrivé, je me doutais bien qu’au bout d’un moment on le savait vu la douleur mais j’avais peur de m’en rendre compte trop tard et d’arriver à la maternité en catastrophe (et surtout de ne pas avoir le droit à la péridurale).

Cette nuit là j’ai donc commencé à ressentir quelques douleurs dans le ventre en dormant, elles n’étaient pas assez forte pour me réveiller totalement mais pour me plonger dans un demi-sommeil assez dérangeant. Je me suis levée très tôt, mon chéri était déjà parti au travail et moi je ne me sentais pas très très bien. Je me suis allongée sur le canapé pour regarder une série et j’ai attendu que mon mal de ventre passe. Quelques heures plus tard il s’était « empiré », je n’avais pas vraiment mal mais c’était une douleur assez sourde et très régulière. Mon ventre se déformait complètement lors de la douleur, j’avais une bosse énorme sur le côté droit et je pensais que mon bébé prenait une mauvaise position. Seulement le fait que ce soit régulier et que la bosse se tasse une fois la douleur passée a finit par me donner des soupçons. Et si c’était des contractions ? J’ai tout de suite demandé à mon groupe de Mamounes sur Facebook en postant une photo de mon bidou mais elles pensaient que ce n’était pas ça car la bosse faisait en effet plus penser à une facétie de bébé, elles m’ont dit que je devais sentir mon ventre se contracter et qu’il devait devenir entièrement dur comme du béton. Ce n’était pas du tout le cas, alors je me suis dit… tant pis.

Malgré tout la douleur ne cessait pas, j’ai donc décidé d’utiliser une application et de la calculer comme s’il s’agissait de contractions. Elle durait entre 30 et 40 secondes et revenait toutes les 4 minutes, puis 3 minutes… Et si c’était bien ça ? Oui, mon ventre n’était pas « dur comme du béton » mais je commençais sérieusement à me poser des questions. Cependant je n’avais pas envie d’alerter ma maman car je savais qu’elle serait toute excitée et paniquée, je ne voulais pas lui donner de faux espoirs ni faire se déplacer mes parents pour rien. J’avais décidé de n’en parler à personne et d’attendre également pour le dire à mon conjoint, il ne travaillait pas l’après-midi alors je ne voulais pas non plus lui faire quitter le travail inutilement. J’ai donc commencé à vérifier ma valise au cas où et à me « préparer », j’ai choisi une tenue et je suis allée aux toilettes (très important pour moi avant d’accoucher… La hantise des futures mamans…) c’est là que je me suis aperçue que je venais de perdre une partie du bouchon muqueux. Je n’en avais jamais vu mais je ne pouvais pas me tromper, je restais un peu sur la réserve mais j’étais sûre de l’avoir perdu en partie. J’ai donc décidé de me doucher et c’est à ce moment là que j’ai perdu le reste, cela ajouté à mes contractions de plus en plus fortes…. Aucun doute, c’était bien le jour J.

J’ai reçu un message de mon chéri me demandant si je voulais aller faire les magasins dans l’après-midi, je lui ai répondu « Changement de plan, je crois qu’on va plutôt aller à la mater… » mais je lui ai précisé de ne pas se presser et que je n’étais pas sûre à 100% que c’était bon et qu’on ne me renverrait pas à la maison. Je voulais attendre le plus possible avant d’y aller car la maternité se trouvait à un peu plus d’une demi heure et je ne voulais pas faire de route pour être renvoyée chez moi, je lui ai dit aussi de ne pas prévenir nos parents et nous avons dû chercher une solution car on devait venir nous livrer et installer un lave-vaisselle dans l’après-midi… Finalement quelques minutes plus tard à peine j’ai reçu un message de ma maman : « Tu as des contractions ? », j’ai pensé que mon chéri l’avait prévenu mais pas du tout… elle l’a rêvé dans la nuit et ressenti au matin. L’instinct maternel, quoi de plus fort ? Ma maman voulait que je parte le plus vite possible à la maternité car elle s’inquiétait du fait que mes contractons étaient si rapprochées depuis assez longtemps déjà mais comme je ne souffrais pas encore je ne pensais pas que c’était essentiel de m’y rendre tout de suite.

Départ pour la maternité

Mon chéri est rentré manger, moi je grignotais car je n’avais pas très faim. Nous avons décidé de partir pour la maternité après sa sieste, il fallait qu’il se repose un peu car il s’était levé très tôt pour travailler et nous savions qu’une longue épreuve nous attendait et qu’il valait mieux reprendre des forces. Il s’est assoupi un moment sur le canapé et il m’a demandé de le réveiller quand je souhaitais partir, moi je n’arrivais pas à dormir car les douleurs étaient bien sûr plus forte et régulières. Je l’ai réveillé peut-être une demi heure après car je commençais à me tortiller pas mal et je ne voulais pas attendre plus longtemps, je savais que nous avions encore du trajet à faire et que la voiture pouvait accélérer le travail.

Sur la route de la maternité j’étais plutôt sereine, je n’avais pas trop d’angoisses contrairement à ce que je pensais. J’étais heureuse car j’allais rencontrer mon bébé, enfin j’allais savoir qui il est et à quoi il ressemblait. C’était une nouvelle aventure pour nous et j’essayais de rester calme, parce qu’on m’avait toujours dit qu’il n’y avait rien de plus beau et de plus magique qu’un accouchement.

Arrivés à la maternité j’ai été placée sous monitoring un peu plus d’une heure, peut-être même deux. Nous étions un peu inquiets car nous avions remarqué des ralentissements et petits arrêts du coeur de notre bébé sur le monito, comme personne ne venait en discuter avec nous on pensait que c’était normal. La sage-femme m’a informé que mon col était ouvert à 1 cm et que j’avais de bonnes contractions de travail mais que ça n’avançait pas encore assez vite, elle m’a proposé de retourner chez moi et de revenir dans la soirée mais elle a souhaité demander l’avis de la gynécologue avant. Celle-ci a refusé à cause des ralentissements du coeur de mon Panda, elle nous a demandé cependant d’aller promener autour de la maternité une heure ou deux et de revenir pour vérifier si le travail avait avancé. Cela ne me dérangeait pas car je préférais gérer les contractions tranquillement à l’extérieur, nous étions en salle de monito avec des parents à côté de nous et cela me gênait pas mal.

En attendant l’heure H…

Nous avons décidé de faire un petit tour au Macdo qui n’était pas très loin pour manger un peu, nous étions déjà en fin d’après-midi et on savait qu’on ne mangerait pas le soir. En partant j’avais assez faim et j’étais encore bien donc je me sentais partante à 200%, seulement la voiture a du accélérer mon travail car arrivés sur le parking je me tordais déjà dans tous les sens dans la voiture en gémissant. Nous avons décidé de garer la voiture proche de la maternité, sur une petite route tranquille, pour pouvoir manger et attendre que l’heure passe tranquillement. Je ne suis pas arrivée à prendre une seule bouchée de ce que j’avais commandé, j’avais tout à coup terriblement mal. Les contractions étaient passées en peu de temps de largement supportables à très douloureuses, je me tournais dans tous les sens en gémissant et en soufflant et sortir de la voiture pour me mettre debout ne m’aidait pas du tout. On a donc attendu la fin de l’heure et nous sommes retournés à la maternité, impossible pour moi de patienter une heure de plus.

Petit soucis ? De retour sous monito mon col était ouvert à 3 mais aucune salle de travail de disponible, donc pas encore de péridurale pour moi ni de tranquillité. Trop de mamans étaient venues accoucher ce jour là et ils étaient totalement débordés, ils m’ont même dit qu’ils pensaient m’envoyer dans une autre maternité car ils n’avaient pas de chambre et qu’ils n’étaient pas sûre de pouvoir libérer une salle de travail. Je n’étais donc pas très rassurée et je devais gérer des contractions très douloureuses à côté de parents venus faire de simples contrôles… Comme la douleur était déjà très forte pour moi (mine de rien ouverte seulement à 3 j’avais des contractions depuis la vieille…) la sage femme m’a proposé de me donner un dérivé de morphine. Elle a mis bien 10 min avant de pouvoir me poser un cathéter, elle n’y parvenait pas car mes veines sont fines, profondes et roulent. Finalement une fois posé cela m’a aidé un peu car l’heure suivante je sentais la douleur très loin de moi et je pouvais de nouveau plaisanter avec mon chéri et me reposer un peu. J’étais pourtant toujours inquiète des ralentissements du coeur de mon bébé.

Bien sûr les effets du dérivé de morphine ont finit par s’estomper et aucune salle de travail n’était disponible, les sages femmes étaient complètement débordées et courraient partout. Moi j’avais de plus en plus mal et j’ai fini par atteindre un point où je ne tenais plus, je devais être ouverte à 4 mais la douleur était vraiment intenable. Je pleurais, je me recroquevillais, je tournais, je cherchais des positions improbables, je soufflais comme une vache et j’étais complètement paniquée et désemparée car je me disais que je ne tiendrais jamais le coup. J’ai appelé une sage-femme car je n’y arrivais plus, mais elle ne pouvait rien faire pour moi… J’ai dû patienter encore plus d’une heure qu’une salle de travail se libère et qu’elle soit nettoyée et préparée.

Le temps me semblaient interminables car même quand on m’a annoncé qu’on me transférait en salle de travail il a fallu qu’on attende la sage femme dans une petite salle une éternité, j’étais debout ou assise sur une petit chaise pour gérer mes contractions. Puis il a fallu attendre qu’elle nous rejoigne en salle de travail… Je suis allée une dernière fois aux toilettes avant de devoir m’allonger et je me suis rendue compte que je perdais beaucoup de sang, j’ai eu peur mais la sage-femme m’a rassuré en me disant que c’était simplement à cause de la modification de mon col. J’étais ouverte à 5 et j’allais pouvoir avoir la péridurale, ENFIN ! Elle a demandé à mon chéri de partir chercher les valises le temps qu’on me la pose, il n’avait pas le droit de rester avec moi.

La péridurale, le Graal. Ou pas.

L’anesthésiste est enfin arrivé en blaguant et en discutant avec les sages-femmes, ça détendait l’atmosphère et tant mieux car même si je voulais cette fameuse péridurale j’en craignais la pose étant donné que j’ai une sainte horreur des aiguilles. Cependant j’avais tellement mal… J’ai eu beaucoup de mal à rester parfaitement immobile lors de la première anesthésie qui consistait à endormir la partie où il allait me poser la péridurale, c’est assez désagréable de se faire piquer dans le dos. Le plus difficile a été de ne pas bouger quand j’avais des contractions mais je n’ai pas particulièrement eu mal, je ne sais pas si c’est parce que je me concentrais sur la douleur des contractions mais ça n’a pas été douloureux pour moi. C’était seulement désagréable car je sentais quelque chose descendre le long de ma colonne puisqu’il me l’a posé au milieu du dos, je n’ai jamais su pourquoi.

Après me l’avoir posé il m’a demandé d’attendre quelques secondes en m’expliquant que j’allais ressentir des fourmillements dans les jambes, ça a été le cas pour une seule jambe et c’était vraiment très léger. Je lui ai signalé mais il m’a dit d’attendre et il est partit. On m’a fait m’allonger mais je continuais à ressentir les contractions, quasiment pas du côté droit mais tout du côté gauche. Les sages-femmes m’ont fait attendre puis m’ont tourné sur le côté gauche pour faire couler le produit, puis du côté droit car ça ne fonctionnait toujours pas, puis de nouveau allongée… Rien à faire, je sentais toujours mes contractions. Je commençais à m’inquiéter mais un autre problème s’est vite imposé à moi, le fait que mon bébé avait pris une mauvaise position et que le travail n’avançait pas assez vite.

Les sages-femmes m’ont fait m’allonger sur le côté, une jambe sur l’étrier, pour que mon bébé reprenne une bonne position. Elles m’ont injecté un produit pour accélérer mes contractions et elles m’ont dit qu’elles attendaient encore un peu mais que je risquais fort de partir en césarienne car mes contractions étaient très bonnes mais n’avaient pas beaucoup d’effet sur le travail, c’était mal engagé. Moi je ne réagissais pas trop car j’étais déjà épuisée et un peu sonnée par les contractions et tout ce qui s’enchaînait, je n’étais pas contre la césarienne si cela pouvait aider mon bébé et au contraire.

Les heures sont passées, très lentement. Mon chéri somnolait et donnait des nouvelles à nos parents par messages, il ne pouvait rien faire pour mes douleurs que je ressentais toujours – même si un peu moins étant donné que je ne les ressentais que d’un côté – et il se sentait très impuissant. Régulièrement le monito s’emballait sous les ralentissements de notre bébé et nous attendions avec l’alarme régulière qui nous inquiétait toujours un peu plus. Les sages femmes sont venues me voir et l’une d’elle me semblait un peu paniquée, elle cherchait à joindre le gynécologue sans y parvenir. C’est là que j’ai compris que quelque chose n’allait pas…

Le grand final

Un peu après 2h du matin les sages-femmes sont revenues en groupe avec un gynécologue, il fallait prendre une décision. Le médecin a touché mon col, il m’a dit qu’il souhaitait attendre que j’ai une contraction pour sentir son effet sur ce dernier, c’était assez gênant de me retrouver dans cette position mais quand la contraction est arrivé j’ai vite tout oublié et j’ai eu le sentiment d’être projetée dans ma propre douleur. Je n’avais jamais eu aussi mal de ma vie… une douleur fulgurante, atroce, que je n’ai pas compris et qui m’a plongé dans la panique totale. Je l’ai appris plus tard mais il venait de me faire un décollement. Et là… tout s’est enchaîné, cela a dû aider mon bébé car il est arrivé alors que plus personne ne s’y attendait.

Les sages femmes se sont mises à courir de partout pour se préparer, moi je n’ai pas attendu qu’elles le soient ni que l’on me dise quoi faire et instinctivement je me suis mise à pousser. La douleur était tellement forte que je ne pouvais même plus réfléchir et que mon corps voulait juste pousser pour l’expulser, pour que ça s’arrête. La péridurale ne faisait plus du tout effet et moi j’étais entrain d’accoucher, ma pire angoisse… J’étais vraiment dans un état second, en pleine crise de panique. Je ne me rendais pas compte que mon chéri était à mes côtés car je ne le voyais même plus, j’étais seulement concentrée sur ma douleur.

Je poussais très mal car je n’arrivais pas à me concentrer et qu’il avait du mal à sortir. Il m’a fallu quelques minutes et le grand soutien des sages-femmes pour que je reprenne a peu près mes esprits et que j’arrive à me recentrer sur ce que je devais faire et à donner mes dernières forces. Je ne me souviens plus du tout dans les détails, c’est assez flou car comme je le disais j’étais dans un autre monde… je sais juste que le gynécologue était près à intervenir, qu’une sage femme aidait devant moi, qu’une autre m’appuyait sur le côté gauche du ventre et une était à ma droite. Je sais juste que la douleur était indescriptible et que j’ai cru mourir. Vraiment, je n’exagère pas… Je pensais que je n’y arriverais pas et que j’allais mourir de douleur. Je n’ai pas hurlé mais j’ai beaucoup gémis et pleuré, j’ai demandé au secours et j’ai répété que je n’y arriverais jamais.

Et puis un sage-femme m’a demandé de tendre les bras pour accueillir mon bébé, je les ai tendu et je l’ai senti glisser hors de moi. J’ai ressenti un soulagement… incroyable. Tout à coup je n’avais plus mal et j’allais enfin pouvoir voir mon bébé, le serrer contre moi, tout oublier. Mais non. Je n’ai jamais pu l’attraper, je n’ai pas entendu son cri. Il ne pleurait pas, il ne respirait pas, il n’allait pas bien du tout. Les sages femmes m’ont dit qu’elles revenaient, qu’elles allaient juste s’occuper de lui et que tout allait bien et elles sont toutes parties, le gynécologue y compris. Nous nous sommes retrouvés seuls avec mon chéri, moi les pieds encore dans les étriers, sans savoir ce qu’il se passait. J’étais sous oxygène mais je n’arrivais plus à respirer, je respirais très vite de manière saccadée. Une vraie crise. Je paniquais. Je venais de vivre une épreuve traumatisante et on venait de m’arracher mon bébé, de me l’enlever.

Heureusement mon chéri a été d’un grand soutien car même s’il s’inquiétait autant que moi il n’a rien démontré, il m’a rassuré et m’a permis de reprendre une respiration normale et de me calmer. Il a positivé jusqu’au bout alors que moi je n’avais que des idées noires… Je me suis demandé ce que je dirais à mes parents, à tout le monde, si mon bébé ne survivait pas et comment j’allais vivre cette épreuve. Je me disais que je ne pourrais jamais m’en remettre, que je ne serais pas assez forte. Je pensais surtout avoir raté mon accouchement, avoir échoué en tant que mère. Pour moi tout était de ma faute, je n’avais pas été à la hauteur.

Mon petit guerrier…

Nous sommes restés seuls dans cette grande salle froide une demi heure. Je le sais car j’avais l’horloge en face de moi et je comptais les minutes sans nouvelles de notre bébé. Nous avons entendu pleurer mais nous ne savions pas s’il s’agissait de lui ou d’un autre. Et moi j’étais toujours les jambes en l’air, déchirée et coupée par l’épisiotomie, le cordon qui pendant entre mes jambes… excusez moi de l’image, mais c’était vraiment traumatisant et impensable.

Une demi heure plus tard donc une sage femme est venue nous dire que tout allait bien pour notre bébé et que mon chéri pouvait la suivre avec son premier pyjama car ils allaient le changer, une autre est venue pour s’occuper de moi. J’étais soulagée mais pas complètement rassurée. Elle a procédé à la délivrance et a commencé à me recoudre, seulement… je n’étais pas anesthésiée ! Impossible pour moi, j’avais trop mal, elle a du donc me piquer de nouveaux pour endormir la zone et procéder aux points.

Quelques minutes plus tard mon chéri est revenu avec notre bébé dans ses bras et c’est une image qui restera gravée en moi, je l’ai vu franchir la porte tout heureux avec ce petit paquet dans ses bras et j’ai trouvé ce moment tellement beau… Je le voyais se rapprochais et j’attendais de voir le visage de mon Panda. J’ai pu le prendre dans mes bras, le caresser, l’embrasser, admirer ses traits, le découvrir. Je me sentais bien à ce moment là et j’aurais aimé que ça dure des heures, j’aurais aimé faire du peau à peau avec lui et lui  donner la têtée de bienvenue mais ça n’a pas été possible… Le pédiatre est venu le voir en m’expliquant qu’il était encore sous monito, il s’est rendu compte que son coeur n’allait toujours pas très bien et il a décidé de me le reprendre. Ils m’ont dit qu’ils s’occuperaient de lui et lui donneraient le premier biberon et de nouveau ils sont reparti avec mon enfant. 5 petites minutes avec lui, une photo, et c’était fini. De nouveau je devais me concentrer sur les points que l’on me faisait et sur mon inquiétude.

Heureusement mon bébé a bien récupéré. D’un score Agpar de 2 il est passé à 7 et est allé beaucoup mieux ensuite. Le pédiatre m’a dit que mon bébé lui avait fait vraiment très peur et que je pouvais être fière de lui car c’est un vrai petit guerrier. Ce qui a également été difficile pour moi c’est que de 3h à 7h du matin nous sommes restés en salle de travail à nous inquiéter et sans pouvoir nous reposer, à 7h ils m’ont déplacé en chambre double car aucune particulière n’était disponible et donc mon chéri n’a pas pu rester à mes côtés. Je me suis retrouvée toute seule après cette épreuve, encore toute chamboulée. Je n’ai pu avoir mon bébé avec moi que 4h après mon retour en chambre et 7h après avoir accouché, je n’ai pu revoir mon chéri qu’à l’heure des visites…

J’ai longtemps été traumatisée par mon accouchement auquel je ne faisais que penser, j’ai du faire le deuil de ce moment magique que l’on me contait et que je rêvais de vivre… Je sais que ma prochaine grossesse sera plus difficile à ce niveau car je pense appréhender beaucoup plus encore, en sachant ce par quoi je suis passée. Je l’espère totalement différente car j’aimerais moi aussi vivre un moment rempli de magique et pleurer seulement de joie une fois mon bébé contre moi… J’aimerais tout faire différemment. Nous avons beaucoup souffert de cette épreuve mon bébé et moi, mais l’important c’est qu’aujourd’hui tout va bien pour nous et que nous n’en sommes que plus fusionnels.

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